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Taclant l’offensive médiatique orchestrée par le pouvoir, le politologue Jean-Yves Camus déclare que les gilets jaunes ne sont pas antisémites. Une mise au point indispensable.

Directeur de l’Observatoire des inégalités, le politologue Jean-Yves Camus est non seulement un grand spécialiste des radicalités politiques en France, mais il est un des très rares dont l’intégrité et l’objectivité sont saluées par tous.

C’est ce qui fait que sa prise de parole sur les accusations d’antisémitisme à l’encontre des gilets jaunes était attendue avec impatience.

Le quotidien la Croix, proche de la conférence des évêques de France et propriété des assomptionnistes, publie un intéressant entretien avec le politologue Jean-Yves Camus dont nous reproduisons ici un extrait. A retrouver en entier dans les colonnes de la Croix.

Jean-Yves Camus

Directeur de l’Observatoire des inégalités

La Croix : À quand faire remonter la résurgence des faits antisémites en France ?

Jean-Yves Camus : L’analyse des statistiques officielles montre qu’un palier a été franchi, au début des années 2000, dans le nombre d’agressions commises et dans le degré de violences, avec plusieurs assassinats ou attentats, comme celui de l’école juive de Toulouse. Ce palier correspond à la seconde intifada de 2001. Depuis, l’antisémitisme évolue en dents de scie, avec des pics liés aux regains de tensions au Moyen-Orient, sans que cela ne change rien à la nature cyclique de l’antisémitisme sur le temps long : il y a depuis vingt ans un bruit de fond antisémite incompressible.

Les violences antisémites commises en France doivent être analysées en même temps que l’aveuglement volontaire à l’égard de l’islam.

 

Le mouvement des gilets jaunes a-t-il réveillé un autre antisémitisme ?

J.-Y. C. : On a assisté à une libération de la parole en effet, mais je crois que le tournant remonte à l’élection d’Emmanuel Macron. Dès sa campagne présidentielle, on a vu monter ce fantasme d’un « président qui mange dans la main des riches ». Parce qu’il a été banquier d’affaire chez Rothschild, il incarne la finance cosmopolite. C’est de là qu’est parti un courant qui voue aux gémonies l’oligarchie, les élites, les banquiers… Cela est aussi vieux que le populisme français de la fin du XIXe siècle. Ce qui me frappe, c’est que cette violence révèle une forme de détestation de soi-même, comme si les Français ne s’aimaient plus.

Cela dit, pour ce qui concerne le mouvement des gilets jaunes, je renvoie aux propos du patron de la Direction générale de la sécurité intérieure, Nicolas Lerner, qui affirme dans Le Parisien que les groupes de l’ultra gauche ou de l’ultra droite n’ont pas réussi à prendre le leadership sur le mouvement. On peut lui faire confiance. Le mouvement des gilets jaune en tant que tel n’est pas antisémite.

 

Dans les attaques de la gauche et l’extrême-gauche contre Alain Finkielkraut et Eric Zemmour ont retrouve souvent des thèmes à consonance antisémite sous couvert de lutte des classes, d’antisionisme et de progressisme.

 

On parle du retour d’un antisémitisme « chrétien ». Cela vous paraît-il pertinent ?

J.-Y. C. : 2 000 ans de préjugés, c’est long à déconstruire… Mais le concile Vatican II a fait un travail essentiel en mettant fin à « l’enseignement du mépris ». Ce fut un tournant. Nous sommes dans une société où, malheureusement, la foi se perd. Dans ce monde individualiste et post-moderne, la transcendance n’existe plus. Et c’est précisément l’une des raisons pour lesquelles les préjugés antisémites remontent à la surface.

Quelle peut être l’utilité de la mobilisation politique que l’on voit ces jours-ci ?

J.-Y. C. : Elle peut contraindre un certain nombre de partis, comme La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) à des clarifications. Je relève que depuis samedi, à gauche, des personnalités comme Clémentine Autain, François Ruffin ou Manuel Bompard ont pris des positions très nettes. À l’extrême droite, quand Gilbert Collard dit « je hais les antisémites », il sera intéressant de voir ce que cela va déclencher au sein du RN.

L’extrême-gauche bienpensante veut à la fois ouvrir en grand les frontières pour détruire le modèle occidental qu’elle a en horreur et aussi combattre le projet national du peuple juif assimilé à une sorte de projet suprémaciste dont les musulmans seraient les victimes.

L’extrême-gauche contribue grandement à la montée de l’antisémitisme.

1) en favorisant l’arrivée sur notre sol de populations qui portent une haine culturelle de tout ce qui est juif.

2) Par leur antisionisme pathologique,  ils justifient moralement les attaques contre les Juifs en tant qu’ils seraient les représentants en France de l’Etat d’Israël.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien accordé par Jean-Yves Camus à la Croix en cliquant ici.
Photos DR ou CC via Flickr.

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