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Les organisations qui se disent « antiracistes » adoptent de plus en plus des attitudes qui mettent en danger la liberté d’expression et menacent les libertés publiques. Il est temps d’arrêter cette dérive liberticide.

Dans un scandaleuse tribune publiée comme il se doit dans Libération, l’activiste noir Louis-Georges Tin, président d’honneur du Cran, une organisation qui regroupe des Noirs en France, en appelle à de nouvelles restrictions de la liberté d’expression. Extraits.

A chaque fois qu’il se produit un événement tragique comme la fusillade de Christchurch, la frange la plus radicale de la mouvance autoproclamée « antiraciste » en appelle à de nouvelles formes de censure. Veillée en honneur des victimes de la fusillade en Nouvelle-Zélande.

Tribune. Il y a quelque chose de pourri dans la République française. Depuis quelques années, sur Internet, mais aussi à la radio et à la télé circule une théorie étrange qui a pour nom «le grand remplacement» : la population blanche d’Europe serait sur le point d’être «remplacée» par les populations noires ou arabes, musulmanes ou non, du fait de «l’immigration massive» et de la contribution des élites «mondialistes», qui participeraient à ce processus mortifère pour l’Occident.

La formule a été inventée et diffusée par Renaud Camus, notamment dans son ouvrage publié en 2011, le Grand remplacement. En 2014, la 17echambre du TGI de Paris a condamné l’écrivain en raison de propos dans lesquels il présente les musulmans «avec une rare outrance […] comme des guerriers envahisseurs dont le seul objectif est la destruction et le remplacement du peuple français et de sa civilisation par l’islam».Cependant, cette théorie a été promise à une grande fortune. Elle est régulièrement reprise par Eric Zemmour. Le 1er septembre 2016, Robert Ménard, maire de Béziers, a publié un tweet : «#Rentréedesclasses : la preuve la plus éclatante du #GrandRemplacement en cours. Il suffit de regarder d’anciennes photos de classe.» On retrouve cette formule dans les Mémoires de Jean-Marie Le Pen, et aussi chez Marine Le Pen. En 2013, elle dénonçait «un grand remplacement de population» favorisé par François Hollande, qui aurait totalement ouvert les frontières du pays ; mais elle a affirmé le 17 mars dernier «ne pas connaître» la théorie du grand remplacement. «Je n’ai jamais utilisé ce terme-là», a-t-elle ajouté. De même, Alain Finkielkraut a pris ses distances avec le concept en 2015, en affirmant à propos de cette expression : «Je ne la reprends pas à mon compte, car elle a immanquablement pour effet de transformer toutes les personnes d’origine turque ou arabe en envahisseurs.» Mais le 29 octobre 2017, il déclarait que le «remplacisme global» est «dénoncé à juste titre par Renaud Camus».

Pour Louis-Georges Tin le grand remplacement est un mythe. Lycéens dans les rues de Paris.

On était jusqu’ici dans un débat théorique, dans une controverse. Mais ce n’est plus le cas. Cette thèse est aujourd’hui un mobile pour terroristes. Ayant tué 77 de ses compatriotes qu’il accusait de promouvoir le multiculturalisme et le remplacisme, Anders Breivik cite volontiers dans son manifeste Alain Finkielkraut selon lequel «l’antiracisme serait au XXIe siècle ce que le communisme fut au XXe siècle : une source de violence». Par la suite, le 17 novembre 2012, Alain Finkielkraut invita à la radio Richard Millet, auteur d’un Eloge littéraire d’Anders Breivik, pour mettre en garde les auditeurs contre les dangers du multiculturalisme. Le tout, sur le service public de France Culture.

Quant à Brenton Tarrant, le terroriste qui a abattu 50 personnes dans une mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, il a publié lui aussi un manifeste qui reprend le titre de Renaud Camus dont il s’inspire, «le Grand remplacement». Et il apparaît aujourd’hui que les auteurs réactionnaires français sont l’une des sources majeures des terroristes d’extrême droite à travers le monde : nos penseurs n’appuient pas sur la gâchette, mais ils fournissent les munitions, et orientent le canon.

Louis-Georges Tin rêve de museler des lanceurs d’alerte comme Renaud Camus.

Mais il est indiscutable aujourd’hui que ceux qui affirment l’existence du grand remplacement sont dans une logique raciale, xénophobe, complotiste, qui mène au terrorisme. Dans ces conditions, le CSA devrait prendre les mesures qui s’imposent pour mettre en garde ou sanctionner les chaînes ou les radios concernées. Et de même, le législateur devrait explicitement inclure le «grand remplacement» parmi les thèmes relevant du discours raciste et de l’incitation à la haine. Ce serait une avancée salutaire. C’est le moins que l’on puisse faire eu égard à ces dizaines de victimes qui ont été abattues à l’étranger au nom d’une théorie française. C’est aussi ce qu’il faut faire pour éviter la banalisation du mal dans ce pays qui est le nôtre.

Cette tribune libre ne pouvait pas rester sans réponse. Dans les colonnes du Boulevard Voltaire, Georges Michel publie une vigoureuse tribune, dont voici des extraits :

Ainsi, si on écoutait M. Tin, le simple fait de comparer les chiffres sur l’immigration fournis par l’INSEE, année après année, deviendrait donc un délit. Un crime, pendant que nous y sommes, histoire de faire bon poids ! À ce compte, l’INSEE devrait cesser de comptabiliser la population immigrée, descendante d’immigrés et étrangère car, d’une certaine façon, c’est donner des munitions aux théoriciens du Grand Remplacement. Et l’on sait désormais, grâce à M. Tin, contre qui ces munitions sont utilisées. Un procès à l’INSEE en complicité d’incitation à la haine raciale est même envisageable. Si, si, réfléchissez bien.

Mais, au fond, il faudrait aller plus loin encore. À bien y réfléchir, il y a tant de choses, dans cette société, qui incitent à la haine, raciale ou pas. Prenez, par exemple, toutes ces peintures italiennes du Quattrocento. On est bien d’accord : peu, très peu, de personnes de couleur représentées sur ces tableaux de Fra Angelico, Botticelli, Bellini et tutti quanti. Toutes ces pépés à oilpé, plus blanches les unes que les autres… Qu’attend-on pour retirer toutes ces barbouilleries des galeries de peinture de Venise, Florence, Milan, Paris et autres lieux, qui pourraient laisser à penser que la population de notre vieille Europe a connu, comme qui dirait, un léger remplacement au fil des siècles ? Continuer à exposer ces tableaux, n’est-ce pas, alors, un peu inciter à la haine, si l’on suit bien le raisonnement de M. Tin ?

Et puis, en lisant cette tribune, une question vient à l’esprit : et si des démonstrations tirées par les cheveux comme celle de M. Tin n’étaient pas susceptibles de susciter « quelque part » de la haine ? À force de vouloir tout réprimer, judiciariser, criminaliser, ne risque-t-on pas les effets indésirés ? Et de susciter à inciter, il n’y a pas loin, vous savez. La question mérite peut-être d’être posée. Mais qu’on se rassure, l’humaniste qui tient cette plume est exempt de ce vilain sentiment, ou tout du moins fait son possible pour le contenir et le réprimer dans l’œuf. D’autant qu’il admet toutes les opinions, si tant est qu’elles reposent sur des réalités, sans penser qu’il soit nécessaire d’appeler au secours le législateur et le juge tous les quatre matins…

Il faut « éviter la banalisation du mal dans ce pays qui est le nôtre », conclut M. Tin. Le mal ? À se demander si, au fond, ce mal n’est pas la sottise. Elle devient d’une banalité affligeante dans ce pays qui se prétendait jusqu’à récemment l’un des plus intelligents de la Terre.

Jean-Yves Le Gallou, fondateur de l’Institut Polémia, et Louis-Georges Tin, président du Cran, débattent de l’annulation de la pièce de théâtre antique Les Suppliantes à la suite du blocage d’activistes de la communauté noire.

Retrouvez l’intégralité de la tribune de Louis-Georges Tin dans les colonnes de Libération en cliquant ici.
Retrouvez l’intégralité de la tribune de Georges Michel sur Boulevard Voltaire en cliquant ici.
Photos DR et CC via Flickr de Swan et d’Ernest Morales.

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