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Les gilets jaunes ont sur la société française un impact bien plus important que l’on croit. Loin de se limiter à une présence dans les rues, ils ont permis à la France des oubliés de retrouver une voix dans le débat public. Le philosophe Alain de Benoist fait le point sur le Grand Débat national.

e grand débat national pourrait faire pschitt avant même d’avoir commencé. Les Gilets jaunes eux, poursuivent leurs actions, en bénéficiant d’un soutien de l’opinion. En ce début d’année 2019, alors que la France traverse une crise majeure, nous avons fait le point sur ce sujet avec Alain de Benoist, tout en évoquant également le Président Bolsonaro ou encore l’arrestation du terroriste Cesare Battisti.

Breizh-info.com : Tout d’abord en France, le mouvement des Gilets jaunes se poursuit, tandis que s’annonce un grand débat national qui semble n’intéresser personne. Où va-ton ?

Alain de Benoist : Que le mouvement des Gilets jaunes se poursuive encore et que plus de la moitié des Français souhaitent voir ce mouvement se poursuivre est déjà un événement extraordinaire. Je m’en réjouis, bien sûr. Après une période d’inquiétude, les médias se plaignent maintenant d’avoir fait l’objet de « violences » sans se s’interroger un seul instant sur les raisons de leur discrédit. Le chef de l’État écrit des lettres et organise un « grand débat » dont on sait d’avance qu’il ne répondra pas aux attentes essentielles des Gilets jaunes. Tout cela serait risible, si cela ne relevait pas d’un mépris de classe qui s’avère apparemment indéracinable. Cela dit, il est vain de se demander sur quoi le mouvement peut déboucher.

Il a déjà débouché sur ce qui faisait sa raison d’être : rendre visible la partie la plus française de la France. Pour le reste, les causes n’ayant pas changé, il faut s’attendre à un nouvel épisode dans l’ordre des conséquences. C’est la raison pour laquelle j’ai parlé de « répétition générale ».

Breizh-info.com : La question cruciale de l’immigration est reléguée au second plan, y compris par les meneurs des Gilets jaunes (alors que sur certains ronds-points, elle est très présente). N’est-ce pas pourtant la préoccupation principale ?

Avec la révolte des gilets jaunes, ce sont des Français ordinaires qui sont descendus dans la rue. Une grande jacquerie pour répondre au grand mépris des médias et des élites.

Alain de Benoist : C’est en effet une préoccupation dont on sait très bien qu’elle est présente à l’esprit des Gilets jaunes (et c’est un euphémisme). Mon hypothèse est qu’ils ont très bien compris qu’en mettant ce problème en avant, ils auraient donné des raisons supplémentaires de les diffamer à ceux qui les détestent, ce qui aurait permis de faire l’impasse sur leurs autres revendications. N’oubliez pas que, lorsque des Gilets jaunes ont découvert des migrants clandestins dans un camion qu’ils contrôlaient, et qu’ils les ont remis à la police, cela a suffi à déclencher contre eux une plainte de la CGT des Douanes (!). L’explication vaut ce qu’elle vaut, mais on ne peut oublier qu’il n’y a populisme que lorsque l’insécurité culturelle (l’immigration) s’ajoute à l’insécurité sociale (le pouvoir d’achat).

Or, ce sont les classes populaires et la fraction inférieure des classes moyennes qui sont le plus victimes de cette double insécurité Si le référendum d’initiative populaire (ou « citoyenne ») était adopté, les choses pourraient devenir beaucoup plus claires, mais on sait bien qu’il y a toutes chances pour que les pouvoirs publics s’arrangent pour exclure l’immigration des questions qu’il serait possible de poser.

 

Les élites ont découvert avec effroi que la France qu’ils avaient cru désarmée par la mauvaise conscience, l’antiracisme maladif, le féminisme toxique et la repentance à tous les étages, n’était pas morte et surtout, qu’elle ne voulait pas mourir pour laisser sa place au Grand Remplacement.

Breizh-info.com : Vous avez vivement critiqué le programme de Jair Bolsonaro au Brésil. Pourquoi ? 

Alain de Benoist : Indépendamment du fait que l’homme m’est profondément antipathique, la réponse est simple : j’ai critiqué le programme de Jaïr Bolsonaro parce que c’est un programme libéral (et même ultralibéral) et que je suis un adversaire du libéralisme.

Breizh-info.com Par ailleurs, un mot sur l’arrestation de Battisti ?

Alain de Benoist : Je vais sans doute encore choquer quelques bons esprits, mais je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de l’arrestation de Cesare Battisti. Les faits qui lui sont reprochés sont vieux de quarante ans et s’inscrivent dans le cadre d’un contexte politique (les « années de plomb ») qui est aujourd’hui révolu. En pareil cas, je suis partisan de l’amnistie. Carl Schmitt, qui a écrit de très belles pages sur ce sujet, a maintes fois rappelé que, par opposition à la loi du talion qui ne veut jamais rien oublier, l’amnistie est l’une des formes les plus civilisées de la pensée et de la pratique judiciaires en Europe. C’est aussi mon avis.

Propos recueillis par Yann Vallerie

Alain de Benoist estime qu’il faut tourner la page sur la violence des années de plomb en Italie voici quarante ans. Ce n’est pas l’avis de Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien qui se félicite ici en compagnie d’une des victimes de Cesare Battisti de l’entrée en prison du tueur communiste.

Retrouvez l’entretien d’Alain de Benoist sur le site de Breizh infos en cliquant ici.
Photos CC de Jacques Billaudel, Looking4poetry et Patrice Catalayu via Flickr.

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